Cet article passe au crible la façon dont les buts ont été inscrits, le comportement des équipes avec comme sans ballon et l’influence des remplaçants lors de la Coupe du Monde des Clubs 2025, en comparant les données pertinentes à celles recueillies lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™.
Cette analyse a pour objectif d’identifier les tendances qui se retrouvent aussi bien dans le football masculin de clubs que de sélections, tout en mettant en lumière les principales différences observées à l’échelle nationale et internationale.
Analyse des buts
Au total, 195 buts ont été marqués en 63 rencontres de la Coupe du Monde des Clubs 2025 contre 172 en 64 matches de la Coupe du Monde 2022, soit 23 buts de plus en un match de moins. En moyenne, 2,95 buts ont été inscrits par match, ce qui constitue une augmentation de 0,31 par rapport à 2022. L’écart moyen par rencontre a, quant à lui, augmenté de 0,37 but par match pour passer à 2,21. Il convient toutefois de noter que trois matches de la phase de groupes ont donné lieu à un écart de 10 buts, et deux autres à un écart de 6 buts, ces scores ayant eu une incidence sur les statistiques susmentionnées.
Le nombre de frappes cadrées est passé de 4,3 par tranche de 30 minutes avec ballon en 2022 à 5,4 en 2025, alors que le taux de tirs cadrés a légèrement augmenté (+1,2 point de pourcentage) pour passer de 35,2% à 36,4%. Dans le même temps, le taux de conversion de ce type de tentatives a diminué de 2,4 points de pourcentage pour s’établir à 31%.
Sur les 1 648 tirs enregistrés lors de la Coupe du Monde des Clubs 2025, 651 ont été effectués depuis l'extérieur de la surface et 997 depuis l'intérieur. Il est à noter que 92% des buts marqués à la Coupe du Monde 2022 l'ont été depuis l'intérieur de la surface de réparation, un taux chutant à 83% pour la compétition interclubs de 2025.
En outre, comme le montre le graphique 5 ci-dessous, le pourcentage de buts marqués dans les différentes tranches du temps réglementaire de la seconde mi-temps (45-60 minutes, 60-75 minutes et 75-90 minutes) en 2025 a diminué par rapport à 2022, tandis que le pourcentage de buts marqués au cours du temps additionnel de la première (45+ minutes) et de la deuxième (90+ minutes) mi-temps a augmenté. Il convient également de noter que le pourcentage de buts inscrits en début de match (0-15 minutes et 15-30 minutes) a augmenté par rapport à la compétition au Qatar.
Remplacements et profondeur de banc
Les 32 clubs participants ont été tenus de nommer un groupe initial de 26 à 35 joueurs en amont de la Coupe du Monde des Clubs 2025, de nombreuses équipes renforçant ensuite leur effectif au cours de la période d’enregistrement exceptionnelle qui s’est étalée du 1er au 10 juin.
En moyenne, les équipes ont effectué 4,8 remplacements par match lors de la Coupe du Monde des Clubs 2025, les cinq remplacements disponibles ayant été utilisés dans 82% des cas. À titre de comparaison, cette moyenne était de 4,4 remplacements par match à l'occasion de la Coupe du Monde 2022. Les deux finalistes, le Chelsea FC et le Paris Saint-Germain, n'ont effectué que quatre remplacements lors de trois de leurs sept rencontres, tandis que l'Inter Miami CF n'a jamais fait appel aux cinq remplaçants autorisés en quatre matches.
Chelsea disposait du deuxième effectif le plus jeune (âge moyen de 23 ans et 4 mois) et a sollicité le plus grand nombre de joueurs (27) au cours de sa campagne victorieuse, dont João Pedro, recruté en cours de compétition. Le club londonien a également attribué 53% de son temps de jeu total à des joueurs âgés de 21 à 25 ans, soit la proportion la plus élevée de toutes les équipes participantes pour cette tranche d'âge.
Finaliste malheureux, le Paris Saint-Germain a présenté la troisième équipe la plus jeune (âge moyen de 24 ans) mais n'a fait appel qu'à 19 joueurs au cours de ses sept sorties, soit deux de moins que la moyenne de la compétition (21,1) – un chiffre qui se rapproche de celui enregistré lors de la Coupe du Monde 2022 (21,2).
Globalement, on constate une baisse de 3 points de pourcentage en ce qui concerne le temps de jeu accordé aux joueurs de plus de 30 ans (30% du temps de jeu total en 2025), tandis que le temps de jeu accordé aux joueurs âgés de 18 à 21 ans a augmenté de 3 points de pourcentage par rapport à la Coupe du Monde 2022 pour atteindre 7%.
Avec seulement deux joueurs âgés de plus de 30 ans et trois joueurs âgés de 25 à 30 ans, le FC Salzburg a présenté la plus jeune équipe de la compétition avec une moyenne d'âge de 22 ans et 8 mois, le club autrichien accordant 38% de son temps de jeu à des joueurs âgés de 18 à 21 ans.
Buts et passes décisives de remplaçants
Les remplaçants ont été impliqués directement dans 63 réalisations (39 buts et 24 passes décisives) au cours de la Coupe du Monde des Clubs 2025, contre 50 (30 buts et 20 passes décisives) lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, ce qui illustre une hausse de leur influence sur le terrain. Comme indiqué dans le graphique 5 ci-dessus, le nombre de buts marqués en deuxième mi-temps a légèrement diminué par rapport à la Coupe du Monde 2022 (avec une augmentation du nombre de buts inscrits en prolongation), ce qui indique que les remplaçants ont eu un rôle plus important à jouer lors de la Coupe du Monde des Clubs 2025.
Il est intéressant de noter que Chelsea, le Paris Saint-Germain et Palmeiras ont chacun totalisé six buts ou passes décisives de remplaçants (4 buts, 2 passes décisives), contre sept pour le Manchester City FC. Cinq des huit quart-de-finalistes (PSG, CHE, SEP, BAY, FLU) ont pu s’appuyer sur au moins quatre buts ou passes décisives de la part de remplaçants, un chiffre qui souligne l’importance de disposer d’une profondeur de banc suffisante.
Jeu effectif et possession
Malgré une réduction du temps de jeu effectif de 2 minutes et 42 secondes en 2025 (56 minutes et 16 secondes contre 60 minutes et 26 secondes en 2022), la durée moyenne des phases de possession a augmenté de 1,4 seconde pour atteindre 10,9 secondes lors de la Coupe du Monde des Clubs 2025 (contre 9,5 secondes en 2022). Manchester City (16,3 secondes) et le Paris Saint-Germain (16,2 secondes) ont affiché des phases de possession plus longues que la meilleure moyenne enregistrée lors de la Coupe du Monde 2022 (Espagne, 15,3 secondes). Il est à noter que l'Auckland City FC, qui a enregistré la durée moyenne des phases de possession la plus courte (7,2 secondes), a égalé ou dépassé la moyenne de cinq équipes engagées au Qatar en 2022 (AUS, CRC, IRN, KSA, TUN).
Sur le terrain, les équipes ont eu le contrôle du ballon pendant 52% du temps de jeu en moyenne, soit une baisse de 1 point de pourcentage par rapport à 2022, alors que le ballon était arrêté ou hors des limites du terrain pendant 44% du temps de jeu, contre 42% au Qatar.
Comme le montrent les graphiques 12 et 13 ci-dessous, seules sept équipes (MCI, PSG, INT, MSU, BAY, FLA, CHE) ont passé en moyenne plus de 50% du temps de jeu en possession. Les deux finalistes (le PSG avec 63% du temps de jeu passé en possession contre 31% hors possession, et Chelsea avec 53% en possession contre 41% hors possession) ont en moyenne passé plus de temps avec le ballon, à l'inverse des deux formations qu’ils ont battues en demi-finales (le Real Madrid avec 46% du temps de jeu passé en possession contre 48% hors possession, et Fluminense avec 43% en possession contre 49% hors possession).
Phases de jeu avec ballon
Les données recueillies montrent que les équipes ont passé une plus grande partie de leur temps avec le ballon dans le dernier tiers ou à tenter de faire progresser le jeu et moins de temps à construire depuis l’arrière par rapport à la Coupe du Monde de la FIFA 2022. (Voir graphique 14 ci-dessous)
- +3.5 points de pourcentage dans le dernier tiers (18,5%).
- +2.3 points de pourcentage en phase de construction haute (6,5%).
- +1.6 point de pourcentage en phase de progression (18,5%).
- -3.0 points de pourcentage en phase de construction basse ou médiane (43,7%).
Le CA Boca Juniors (37,1%), le FC Bayern München (33%) et Manchester City (31%) sont les équipes qui ont passé la plus grande partie de leur temps avec ballon dans le dernier tiers, alors que l’Auckland City FC (5,2%) et l'Inter Miami CF (8,7%) occupent les deux dernières places de ce classement. Les joueurs de Chelsea ont passé 30% de leur temps avec ballon en phase de construction médiane, 19,3% en phase de progression et 19,7% dans le dernier tiers.
L'équipe Analyse des performances et tendances du football de la FIFA a également étudié les phases de jeu auxquelles les formations ont été confrontées, afin de déterminer les raisons pour lesquelles certaines équipes semblent privilégier des approches spécifiques. Par exemple, les joueurs de Manchester City ont passé la plus grande partie de leur temps avec ballon en phase de construction médiane (34,3%) et dans le dernier tiers (31%), ce qui est logique vu que leurs adversaires ont passé 46% de leur temps hors possession en bloc bas, contre seulement 1,8% à exercer un pressing haut.
Phases de jeu sans ballon
En 2025, les équipes ont passé 20,3% de leur temps sans ballon en bloc médian, soit une baisse de 4,3 points de pourcentage par rapport à 2022. Elles ont passé 25,2% de leur temps hors possession en bloc bas (+3,7 points de pourcentage par rapport à 2022) et 10,3% en bloc haut/pressing haut (+1,1 point de pourcentage). Le nombre de pressings directs exercés pour 30 minutes sans ballon a diminué pour atteindre une moyenne de 51 (-4 par rapport à 2022), alors que le nombre de pressings indirects a chuté à 224 (pour 30 minutes sans ballon, -21 par rapport à 2022). Ces chiffres peuvent s'expliquer par le fait que la Coupe du Monde 2022, qui s'est déroulée en hiver au Qatar, et la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2025, organisée aux États-Unis en été, se sont disputées dans des conditions météorologiques différentes.
Le Mamelodi Sundowns FC est l'équipe qui a passé la plus grande partie de son temps hors possession en phase de transition défensive (20,2%). Il s'agit également de l'équipe qui a passé la plus grande partie de son temps sans le ballon en phase de contre-pressing, devant le FC Internazionale Milano (13,8%), Manchester City (13,6%) et le Paris Saint-Germain (13,3%). Seules trois équipes (BAY, INT et MCI) ont passé une plus faible proportion de leur temps hors possession en bloc bas (10%) que la formation sud-africaine.
L'analyse des phases de jeu auxquelles les équipes ont été confrontées a révélé que les adversaires de l'Auckland City FC ont passé 59,2 % de leur temps en possession dans le dernier tiers, obligeant les Néo-Zélandais à opérer en bloc bas pendant 67,9% de leur temps sans le ballon.
Davantage d'interceptions ont été réalisées (+1,6 pour 30 minutes sans ballon) par rapport à la Coupe du Monde 2022, alors que Manchester City, le FC Bayern München, le Paris Saint-Germain et l'Internazionale Milano ont converti la plus grande proportion de pressings exercés dans le dernier tiers en interceptions (voir illustration 23).