Principaux enseignements
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Par rapport aux latéraux classiques, les latéraux inversés ont reçu le ballon plus proche de l’axe et ont tenté davantage de passes entre les lignes en phase de construction.
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En phase de progression, ils ont plus souvent transmis le ballon aux ailiers et ont tenté davantage de passes entre les lignes.
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Enfin, dans le dernier tiers, ils ont fait davantage d’appels dans le dos de la ligne défensive et ont participé à un plus grand nombre de séquences de passe débouchant sur une tentative au but.
LES LATÉRAUX INVERSÉS DANS LA CONSTRUCTION DU JEU
Au cours de la Coupe du monde des Clubs, les latéraux inversés ont, en phase de construction, reçu le ballon en moyenne 4,4 mètres plus près de l’axe longitudinal du terrain que les latéraux classiques. Plus la construction se faisait haut sur le terrain, plus les premiers étaient resserrés par rapport aux seconds (3,3 mètres plus proches de l’axe en phase de construction depuis l’arrière, 4,8 mètres au milieu de terrain et 5 mètres dans le dernier tiers).
Les latéraux inversés ont également reçu le ballon plus souvent dans la construction, à savoir 14,2 fois pour 30 minutes avec ballon, contre 4,7 pour les latéraux classiques. Ils ont enfin tenté en moyenne 1,3 fois de plus de casser les lignes adverses (pour 30 minutes avec ballon).
Ils créent le surnombre au milieu de terrain et proposent davantage de solutions à travers la première ligne de défense adverse, tout en préservant la couverture défensive de leur équipe.
Le profil des joueurs est déterminant : les latéraux inversés sont souvent des joueurs excellents dans le contre-pressing, agile, solides et capables de se replier rapidement. Le fait de les placer à l’intérieur, au plus près du jeu, permet de mettre en place les conditions d’un contre-pressing instantané en exploitant au mieux leur capacité à récupérer le ballon, tout en facilitant un repli défensif au besoin.
Comme le montre la séquence ci-dessous, le placement des latéraux inversés de Manchester City crée le surnombre dans l’axe, déstabilise le bloc adverse et ouvre des espaces pour les ailiers dans les couloirs. Les déplacements du latéral peuvent perturber le pressing adverse et ouvrir des lignes de passe pour ses coéquipiers.
RÔLE DANS LA PROGRESSION DU JEU
D’un point de vue statistique, les latéraux inversés ont joué un rôle plus important dans la construction du jeu que les latéraux classiques, entreprenant davantage de passes entre les lignes (6,2 pour 30 minutes de possession contre 5,1) et adressant 48% de leurs passes en avant aux ailiers (contre 26,8% pour les latéraux classiques). En outre, ils enregistrent 3 passes cassant des lignes dans le dernier tiers pour 30 minutes avec ballon (contre 2,2).
Les latéraux inversés ont également reçu le ballon entre le milieu et la ligne défensive adverse plus souvent (25,5 ballons pour 30 minutes de possession contre 21,2). Concernant leurs passes vers l’avant, 68,3% ont contourné le bloc défensif adverse tandis que seulement 14,8% sont passées par-dessus. Chez les latéraux classiques, la proportion est de 53,2% pour ce qui est des passes contournant le bloc, mais de 30,2% pour les transmissions aériennes.
Lorsque les latéraux montent au milieu du terrain, les milieux de terrain de métier et les ailiers peuvent alors monter à leur tour et offrir des solutions de passe avancées. En occupant les demi-espaces, ils créent le surnombre dans l’axe et perturbent le pressing adverse. Outre leur jeu sans ballon, les latéraux inversés reçoivent le cuir plus souvent et jouent un rôle décisif dans les séquences de possession.
Leur contribution facilite la transmission à l’ailier ou au troisième homme, accélère les renversements une fois que le bloc se resserre, concilie une progression constante avec le maintien d’une couverture défensive et permet in fine une offensive moins risquée mais aussi plus rapide.
Rôle dans le dernier tiers
Dans le dernier tiers, les latéraux inversés ont offert davantage de solutions derrière les lignes défensives adverses, avec 5,9 appels pour 30 minutes avec ballon contre 4,4 pour les latéraux classiques. Une fois positionnés dans des zones avancées du milieu de terrain, ils sont bien placés pour déclencher des appels incisifs dans la surface de réparation. Loin de simplement écarter le jeu sur l’aile, ils deviennent alors des attaquants à part entière.
Les données confirment que les latéraux inversés participent davantage aux actions se concluant par une tentative au but (4,5 pour 30 minutes de possession contre 3,3). Ils ont en outre délivré un plus grand nombre de passes dans le dernier tiers (15,2 pour 30 minutes avec ballon contre 11,3) et une plus grande proportion de passes vers l’avant (50,3% contre 45,8).
In fine, l’avantage d'une solution avec des latéraux inversés tient à sa fluidité, à la capacité à occuper l’axe et à sortir au moment opportun, ainsi qu'à l'apport décisif qu'ils amènent, tant en attaque qu’à la perte de balle. Dans les extraits ci-dessous, nous pouvons voir que l’incidence des latéraux inversés dans le dernier tiers, que ce soit par leur jeu avec ballon ou par leur capacité à ouvrir des espaces pour leurs coéquipiers.