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Christchurch United : création et développement d’un club en Nouvelle-Zélande

FIFA, 24 mars 2026

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Sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, les distances façonnent depuis longtemps le football et le développement des joueurs. Dans un environnement qui ne jouit pas d’une longue tradition footballistique, les clubs doivent adopter une approche réfléchie pour former leurs joueurs et les accompagner dans leur progression sur le terrain. À Christchurch United, c’est Paul Holocher, directeur de l’entraînement et des méthodes d’entraînement, qui supervise ce volet.

Holocher connaît bien le ballon rond, puisqu’il a évolué dans le football professionnel aux États-Unis, porté les couleurs de la sélection états-unienne et joué en Europe au sein du club autrichien de l’Admira Wacker. Après plus de vingt ans passés à divers postes d’entraîneur, il a rejoint Christchurch United, embrassant la vision du club de devenir la première équipe professionnelle de l’île du Sud, un objectif validé depuis lors.

Dans cet entretien, Holocher évoque son travail à Christchurch United, les réalités du football de base en Nouvelle-Zélande et la manière dont le club met en place un cadre de développement cohérent, des catégories d’âge les plus jeunes jusqu’au niveau senior.

POINTS CLÉS

  • Compte tenu de l’isolement géographique de la Nouvelle-Zélande et de sa faible population, il est d’autant plus important de commencer tôt la formation des joueurs ainsi que d’harmoniser les approches à l’échelle nationale.

  • Christchurch United axe la formation sur la maîtrise du ballon, dès l’âge de quatre ans, en s’appuyant sur des matches à effectifs réduits et la méthode « FUNino ».

  • Holocher et le club prônent la transparence et la collaboration avec les autres entraîneurs, s’inspirant de la philosophie selon laquelle « quand la marée monte, tous les bateaux montent ».

Regarder l’entretien

Partie 1 : Le paysage footballistique en Nouvelle-Zélande
Partie 2 : Développement du football de base à Christchurch United
Partie 3 : Soutien aux entraîneurs et préparation de l’avenir

Partie 1 : Le paysage footballistique en Nouvelle-Zélande

Pour Holocher, les caractéristiques géographiques de la Nouvelle-Zélande constituent un facteur déterminant de sa culture footballistique. « Le pays se compose de deux grandes îles assez isolées du reste du monde. Cela représente un défi tout à fait particulier », explique-t-il. De ce fait, Christchurch United doit souvent chercher ses sources d’inspiration à des milliers de kilomètres de là. « On doit toujours se tenir informés de ce qui se passe dans le monde, en s’inspirant des nations ayant une grande tradition footballistique. »

Piloter un écosystème footballistique isolé

Il évoque plusieurs défis structurels auxquels le club est confronté :

  • l’isolement géographique limite l’exposition à la compétition de haut niveau et aux nouvelles méthodes d’entraînement ;

  • la faible population réduit le vivier de joueurs disponibles, ce qui renforce l’importance du développement du football de base ;

  • la coordination entre les clubs et les entraîneurs est plus aisée que dans les grands pays, mais nécessite une organisation minutieuse.

Notre objectif est de bien démarrer avec les jeunes dans le football de base et de les aider à se passionner pour le ballon, ainsi qu’à devenir de jeunes joueurs habiles et intelligents.

De plus, la différence de culture footballistique entre les États-Unis, son pays natal, et la Nouvelle-Zélande a été flagrante pour cet entraîneur expérimenté. « Les États-Unis possèdent un territoire immense », rappelle-t-il. « C’est davantage un continent qu’un pays. Cette étendue s’accompagne de ressources et d’infrastructures colossales, mais ce n’est pas toujours une bonne chose. » Selon lui, la population néo-zélandaise offre au pays la possibilité d’être plus uni et permet d’élaborer des philosophies de développement cohérentes et harmonisées, plus faciles à mettre en œuvre.

Dans l’ensemble, Holocher estime que les entraîneurs de football de base sur les deux îles ont tiré profit des programmes de formation actualisés mis en place par la Fédération Néo-Zélandaise de Football (NZF), notamment les nouveaux formats de jeu destinés aux jeunes, tels que le 3 contre 3 pour les 5-7 ans et le 5 contre 5 pour les U-8 et U-9. « Les effectifs réduits constituent un nouveau format à l’échelle du pays, ce qui est formidable. » Il souligne toutefois que le mentorat informel et l’accompagnement sur le terrain pourraient encore améliorer la qualité de l’entraînement et l’environnement dans lequel évoluent les joueurs.

Partie 2 : Développement du football de base à Christchurch

Holocher précise que le football de base a toujours été une priorité pour Christchurch United et que le club a pour objectif de former des joueurs habiles techniquement.

Les deux principes directeurs de la formation

Dès l’âge de quatre ans, les joueurs travaillent leur maîtrise du ballon à travers la méthodologie « FUNino », mise au point par l’entraîneur allemand Horst Wein. FUNino met l’accent sur :

  • des oppositions à 3 contre 3 sur petit terrain

  • la créativité et la prise de décision 

  • les qualités techniques de base plutôt que l’apprentissage des postes à proprement parler

Holocher explique que les enfants âgés de 9 à 12 ans passent à un entraînement plus complexe, constitué de :

  • toros

  • jeux de placement

  • jeux avec contraintes

Cette montée en puissance vise à former des joueurs qui soient « à l’aise balle au pied et entretiennent tout simplement leur passion pour le football ». Passé cet âge, l’objectif est d’améliorer le développement individuel au sein du collectif grâce à deux piliers : l’approche globale et l’entraînement ciblé.

L’approche globale renvoie aux qualités fondamentales qui, selon le club de Christchurch United, sont indispensables pour atteindre le haut niveau, telles que la perception, la prise de décision, la compréhension des postes, l’exécution technique, le jeu de transition et la communication. L’entraînement ciblé vise quant à lui à développer ces qualités via des séances spécifiques et exigeantes donnant lieu à un feedback personnalisé.

Intégration verticale et partenariats

Cette idée d’intégration verticale des styles de jeu et des philosophies d’entraînement, depuis les catégories d’âge les plus jeunes jusqu’à l’équipe première, revêt une grande importance pour le club, Holocher citant l’exemple du FC Barcelone. Pour lui, le modèle de jeu de Christchurch repose sur la maîtrise de la possession, la domination dans les moments de transition et le dynamisme en attaque. « Ce message est diffusé très tôt, dès les U-8, et tous nos entraîneurs apprennent ensemble, partagent ensemble et s’appuient sur ce modèle de jeu qui nous guide. »

L’entraînement à Christchurch United allie des aspects techniques, tactiques et cognitifs. Le club a conclu un partenariat de développement avec la TOVO Academy en Espagne, qui vise à former des joueurs intelligents dotés d’une grande capacité de prise de décision. Holocher et le club misent également sur la transparence et la collaboration, en partageant leurs méthodes d’entraînement et leurs exercices avec d’autres entraîneurs.

Quand la marée monte, tous les bateaux montent.

« On fait preuve d’une grande volonté d’évolution au sein du club. On cherche toujours à s’améliorer, tout en souhaitant apporter notre aide. On veut soutenir nos voisins dans le monde du football et aider les entraîneurs de tous les clubs à progresser s’ils sont motivés, en apprenant d’eux et en échangeant avec eux », explique-t-il.

Partie 3 : Soutien aux entraîneurs et préparation de l’avenir

L’un des aspects essentiels du rôle de Holocher sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande consiste à accompagner et à former les entraîneurs du club. Il apporte son soutien aux membres de l’encadrement par le biais :

  • d’un mentorat informel hebdomadaire

  • d’échanges réguliers entre les différentes catégories d’âge

  • d’ateliers collaboratifs visant à analyser les matches et les entraînements

Je m’entretiens chaque semaine avec la plupart des entraîneurs.

Holocher précise que les entraîneurs ont toute latitude pour faire preuve de créativité à l’entraînement et pendant les matches, mais qu’ils doivent s’inscrire dans un cadre de développement défini pour veiller à ce que tous les acteurs du club tirent dans le même sens.

Harmoniser les structures de formation et améliorer l’accessibilité

Selon Holocher, la structure d’encadrement constitue un autre moyen de faire en sorte que tous les membres du club adhèrent à la vision commune, dans la mesure où les entraîneurs expérimentés de l’académie travaillent avec les jeunes. Cela permet de réduire l’écart entre les différentes phases de développement et garantit la cohérence du message dans toutes les catégories d’âge. Une fois encore, cette responsabilité partagée renforce une vision commune et évite toute déconnexion entre le football de base, de jeunes et senior.

Enfin, Holocher aborde la question de l’accessibilité à Christchurch United, une préoccupation centrale pour un club situé sur une île où les joueurs sont issus de milieux très divers. Il explique que l’objectif est de rendre le football accessible à tous les enfants grâce à la mise en place de programmes de sensibilisation comprenant notamment :

  • des stages gratuits en milieu scolaire

  • des invitations adressées aux écoles pour visiter les installations du club

  • des compétitions et des événements locaux

  • des partenariats avec les clubs pour partager ressources et connaissances

Synthèse

  • L’isolement géographique de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande a incité Christchurch United à privilégier le développement technique précoce, en recourant à des matches à effectifs réduits pour favoriser le plaisir du jeu.

  • À Christchurch United, une approche d’intégration verticale privilégie la maîtrise du ballon et le respect de principes de jeu uniformes, depuis les catégories d’âge les plus jeunes jusqu’à l’équipe première.

  • La formation des entraîneurs au sein du club s’appuie sur un accompagnement hebdomadaire, des ateliers collaboratifs et une vision commune à toutes les catégories d’âge.

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