#Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA

Des attaques directes dès la récupération du ballon

FIFA, 11 mars 2026

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Lorsqu'une équipe récupère la possession, elle a le choix entre prendre le risque d’aller de l'avant ou jouer la sécurité en se contentant de conserver le ballon.

Les observations du Groupe d'étude technique et les données recueillies par l’équipe Analyse des performances et tendances du football de la FIFA soulignent le large recours aux attaques directes au cours de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA, Maroc 2025™. Les chiffres enregistrés lors de la compétition révèlent que 11 des 24 équipes participantes ont passé une plus grande partie de leur temps avec le ballon en phases d’attaques directes (transitions offensives, contre-attaques et longs ballons) qu'en phase de construction du jeu.

Parmi ces 11 équipes, nous retrouvons de nombreuses sélections très en vue, dont la RDP Corée, vainqueure de l'épreuve, et le Mexique, demi-finaliste. À l’aide des données recueillies tout au long de la compétition, l’équipe Analyse des performances et tendances du football de la FIFA a également déterminé que la vitesse moyenne de progression avec ballon était de 3,1 m/s (illustration 2), plus de la moitié des équipes participantes ayant fait progresser le jeu vers l'avant plus rapidement que cela. En outre, ces nations ont effectué en moyenne moins de 4,1 passes par séquence de possession, une statistique qui confirme la tendance à privilégier un jeu rapide et direct.

Jeu direct dès la récupération du ballon dans son propre camp

De nombreuses équipes ont eu recours à un jeu direct et rapide vers l’avant après avoir récupéré la possession dans leur camp, le nombre de récupérations de balle dans cette partie du terrain qui ont débouché sur des attaques rapides augmentant de 1,75 pour 60 minutes de temps de jeu effectif en 2025. Comme le souligne le Groupe d'étude technique, de nombreuses équipes ont souhaité tirer profit des phases de transitions dans leur propre camp en privilégiant les passes et les courses balle au pied vers l'avant plutôt que les passes latérales.

Le caractère direct d'une grande partie du jeu pratiqué au Maroc a retenu l'attention de Clémentine Touré, l'une des expertes du Groupe d'étude technique chargé d'observer la compétition en 2025. « D'une manière générale, le jeu direct a permis à plusieurs équipes de se montrer très efficaces en contre-attaque, notamment face à des lignes défensives avancées. Cette recherche rapide de verticalité est intéressante, car elle favorise l’exploitation des espaces libres. » Malgré l'efficacité de cette approche, l'ancienne sélectionneuse de la Côte d'Ivoire note que les équipes qui ont cherché à adopter ce style de jeu se sont heurtées à plusieurs difficultés, la rapidité d’exécution requise afin d’initier des attaques directes pouvant notamment entraîner une « baisse de qualité en matière de maîtrise technique, de coordination collective ou de prise de décision. »

Vidéo 1 : la RDP Corée s'est procuré de nombreuses occasions en lançant des attaques rapides dès la récupération du ballon. Ici, le vainqueur de la compétition récupère la possession dans sa propre surface de réparation et transforme une intervention défensive en situation dangereuse au moyen de deux passes vers l’avant.
Vidéo 2 : la Côte d’Ivoire est l’une des équipes qui a le plus cherché à porter rapidement le jeu vers l'avant après avoir récupéré le ballon dans sa moitié de terrain. Les courses vers l'avant des attaquantes et les ardeurs offensives de leurs coéquipières ont permis à la sélection africaine de tirer profit de ce genre de situations.

Les vidéos ci-dessus montrent comment la Côte d’Ivoire et la RDP Corée, vainqueure de la compétition, ont su tirer parti de transitions offensives dans leur moitié de terrain pour se créer des occasions de but. Comme le souligne Clémentine Touré, la manière dont ces équipes sont organisées en amont de la phase de transition revêt une importance capitale. De plus, ces deux sélections ont fait preuve de qualités techniques, physiques et mentales qui ont contribué à l'efficacité de ces attaques.

« Les vidéos ci-dessus montrent l’importance d’une bonne organisation tactique avant la récupération du ballon », ajoute la technicienne ivoirienne. « Les équipes forment des blocs compacts, avec des joueuses dont le corps est déjà orienté vers l'avant afin de se projeter immédiatement vers le but adverse. Sur le plan technique, il est fondamental de pouvoir adresser une première passe verticale de qualité et évoluer sous pression à proximité de son but. Sur le plan physique, ce style de jeu exige de longues courses dynamiques, en particulier de la part d'attaquantes capables d'exploiter les espaces dans le dos de la défense adverse. Sur le plan mental, cette approche repose sur une forte volonté de porter le danger sur le but adverse, une prise de décision rapide et la confiance nécessaire pour prendre le risque de jouer vers l'avant dès la récupération du ballon. »

Jeu direct dès la récupération du ballon dans le camp adverse

En ce qui concerne les attaques rapides suivant une récupération dans la moitié de terrain adverse, les chiffres enregistrés en 2025 sont similaires à ceux de l'édition 2024. Ces récupérations, qui se produisent plus près du but adverse, incluent des situations comme celles évoquées dans l’article précédent, où l'équipe qui attaque récupère la possession grâce à un pressing haut et dispose d'un court instant pour exploiter l'espace libre avant que l’adversaire ne se replie devant son but. Les deux exemples ci-dessous illustrent comment profiter de la désorganisation défensive de l’équipe adverse après une récupération haute.

Vidéo 3 : le milieu de terrain et l’attaque de la RDP Corée exercent un pressing ciblé et coordonné sur les joueuses japonaises. Quelques instants après avoir récupéré la possession, les Nord-Coréennes parviennent à transmettre le ballon à une joueuse positionnée dans l'espace laissé libre par une défense japonaise désorganisée.
Vidéo 3 : ici, le Canada marque après avoir récupéré le ballon à deux reprises dans la moitié de terrain des Samoa. Lors de chaque récupération, l'équipe nord-américaine cherche immédiatement à tirer parti du déséquilibre défensif pour aller frapper au but.

« Ce qui frappe avant tout sur ces deux extraits, c'est la vitesse d'exécution des joueuses après une récupération haute », ajoute Clémentine Touré. « Les équipes jouant de cette manière ont cherché à exploiter les espaces avant que l’adversaire n'ait eu l'occasion de se réorganiser en défense. Ces séquences de jeu se caractérisent par un nombre réduit de touches de balle, des appels parfaitement synchronisés et une utilisation efficace des couloirs et des demi-espaces. »

Notre experte souligne également que, dans ces deux situations, les équipes ont avant tout cherché à conclure leur attaque. « Nous constatons également qu'une lecture efficace des situations favorise le jeu vers l'avant, les équipes préférant porter le danger sur le but adverse plutôt que de conserver la possession. Ces séquences illustrent l'importance d'une bonne coordination collective et d’une prise d'initiatives individuelles dans les zones offensives. »

Synthèse

  • De longues courses dynamiques sont nécessaires afin d’initier des attaques directes depuis sa propre moitié de terrain. Ceci concerne en particulier les attaquantes qui, en tant que joueuses les plus avancées sur le terrain, sont chargées d'exploiter les espaces laissés libres dans le dos de la défense adverse.

  • Après avoir récupéré le ballon dans la moitié de terrain adverse, les équipes ont réussi à se montrer dangereuses en prenant des risques mesurés et en privilégiant l'efficacité plutôt que la simple conservation du ballon.

  • Vainqueure de l'épreuve, la RDP Corée a été l'une des équipes les plus efficaces dans ce domaine, générant plus d'occasions de but grâce à des attaques verticales rapides que toute autre équipe.

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