Le format novateur de cette épreuve, dont la plupart des matches se sont déroulés à l'Académie Mohammed VI de Rabat, a donné lieu à une véritable fête du football visant avant tout à favoriser la progression des joueuses et de leurs équipes. Le Groupe d’étude technique et l’équipe Analyse des performances et tendances du football de la FIFA ont coopéré pour mettre en évidence les tendances techniques, tactiques et physiques qui ont marqué cette compétition, ainsi que pour évaluer la situation actuelle du football féminin dans cette catégorie d’âge. Leur analyse s’articule comme suit :
Partie 1 : étude de l’équipe Analyse des performances et tendances du football – la première partie de l'analyse se penche sur les principales données recueillies au cours de la compétition, telles que le nombre de buts marqués ou la durée des phases de ballon en jeu, et présente les différents styles de jeu observés.
Partie 2 : pressing sur les coups de pied de but courts – la deuxième partie examine les stratégies de plus en plus agressives employées pour gêner les coups de pied de but courts.
Partie 3 : jeu direct dès la récupération du ballon – la troisième partie passe au crible le comportement des équipes lors des transitions offensives.
Partie 4 : l'importance des avant-centres – la dernière partie met en évidence l’importance des avant-centres tout au long de la compétition.
Synthèse des principales statistiques
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0 – Le nombre de buts marqués sur coup franc direct lors de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2024™, contre 10 lors de l’édition 2025.
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6,2 – La durée moyenne (en secondes) des séquences de possession lors de la Coupe du Monde Féminine U-17 2025. Ce chiffre, en baisse de près d'une seconde par rapport à 2024, témoigne d'un jeu plus direct et d'une possession davantage disputée.
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15 – Les 15 premières minutes des matches ont été la période la plus prolifique en buts dans cette édition. La proportion de buts marqués pendant cette partie du match est en hausse par rapport aux deux éditions précédentes.
- 43 – Le nombre de buts inscrits depuis l'extérieur de la surface de réparation. Une proportion plus élevée de buts a été marquée par le biais de frappes lointaines par rapport à l’édition 2024.
Une moyenne de buts par match en hausse
Au total, 175 buts et 1 469 tentatives ont été enregistrés lors de la Coupe du Monde Féminine U-17 2025. Ces deux chiffres constituent de nouveaux records dans l'histoire de la compétition, ce qui n'est pas surprenant compte tenu du nouveau format, avec davantage d'équipes participantes et de matches disputés.
Mais si l’on compare la moyenne de buts par match avec celle des précédentes éditions, nous constatons que celle-ci est passée de 2,8 buts par match en 2024 à 3,4 en 2025. Le nombre moyen de tentatives par match est également en hausse (2,9 tirs de plus par rapport à 2024), tout comme l’écart moyen (2,86 en 2025 contre 2,41 buts en 2024).
De précieux coups de pied arrêtés
Sur les 175 buts inscrits au Maroc, 59 (34%) l'ont été sur coups de pied arrêtés. La proportion de buts marqués sur phases arrêtées est en hausse de six points de pourcentage par rapport à l’édition 2024, illustrant une nouvelle fois l'importance croissante de ces situations de jeu dans le football moderne. Les corners ont débouché sur 26 buts au total, soit plus que tout autre type de coup de pied arrêté. L'une des statistiques les plus frappantes concerne le nombre de buts marqués sur coup franc direct, pas moins de 10 en 2025 alors que les équipes participant à l‘édition 2024 s’étaient montrées muettes dans cet exercice.
La plupart des équipes participantes (19 sur 24) ont marqué au moins un but sur coup de pied arrêté, alors que plus de la moitié (14) en ont inscrit deux ou plus. Le Canada et la RDP Corée, vainqueure de l'épreuve, ont tiré le meilleur parti des phases de jeu arrêtées, ces deux sélections ayant marqué sept buts pour un seul encaissé sur ce genre d’action.
Les équipes participantes ont le plus souvent opté pour un système de marquage mixte sur corners défensifs (42,5%), alors qu’un système de marquage individuel était privilégié au cours de l’édition 2024 (40,5% des corners contre 29,4% en 2025).
Buts en début de match et frappes lointaines
Quand les équipes ont-elles été le plus prolifiques ? L'illustration 4 ci-dessous indique que le premier quart d’heure de jeu a donné lieu à davantage de buts que tout autre quart d’heure. La proportion de buts inscrits en début de rencontre n’a cessé d’augmenter au cours des trois dernières éditions de la Coupe du Monde Féminine U-17. La période entre la 75e et la 90e minute a été la deuxième plus prolifique en buts, ce qui montre que les rencontres disputées au Maroc se sont souvent terminées de manière spectaculaire.
Comme en 2024 et en 2022, le temps additionnel de la première mi-temps a été la séquence où le moins de buts ont été marqués. Cependant, en 2025, pas moins de sept buts ont été inscrits au cours de cette période précédant directement le retour aux vestiaires, contre deux en 2024 et zéro en 2022.
Les joueuses n’ont pas hésité à tenter leur chance de loin au Maroc, où la proportion de buts marqués depuis l’extérieur de la surface de réparation (26%) a plus que doublé par rapport à 2024 (12%) et représente une hausse de quatre points de pourcentage comparé à l’édition 2022. La Mexicaine Citlalli Reyes a notamment inscrit une frappe magnifique de 32 mètres face aux Pays-Bas au cours de la phase de groupes.
Une possession plus disputée et un jeu souvent direct
Comme indiqué précédemment, la durée moyenne des séquences de possession a diminué de près d'une seconde par rapport à 2024, se rapprochant ainsi des chiffres enregistrés lors de l’édition 2022. De la même manière, l’illustration 6 indique que le temps de jeu effectif moyen en 2025 a diminué de 2 minutes et 13 secondes par rapport à 2024, alors que le temps où la possession est disputée a augmenté en moyenne de 54 secondes par match. Ces statistiques témoignent d’un jeu plus direct et de duels plus fréquents comparé à l’édition précédente, et se rapprochent des chiffres enregistrés à l’occasion de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2022™.
La durée moyenne de ces séquences de possession, qui a diminué de près d'une seconde de 2024 à 2025 (7,1 contre 6,2 secondes), témoigne également de phases de construction plus directes que lors de l’édition précédente. La volonté affichée par de nombreuses équipes de porter rapidement le jeu vers l’avant a donné lieu à des rencontres plus intenses et disputées. La moitié des équipes ont opté pour un style jeu rapide et direct en possession, la vitesse moyenne de progression avec ballon s’élevant à 3,1 m/s sur l’ensemble de la compétition. Deux équipes, l’Espagne et les États-Unis, ont fait figure d’exceptions en misant sur une approche plus patiente, privilégiant une construction de jeu plus posée et méthodique au détriment d’attaques directes.