#Coupe du Monde Féminine de Futsal de la FIFA 2025

La Coupe du Monde Féminine de Futsal de la FIFA™ en quatre points clés

FIFA, 8 avril 2026

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Pour la première fois de l’histoire, les meilleures équipes nationales féminines de futsal au monde se sont donné rendez-vous sous l’égide de la FIFA. La Coupe du Monde Féminine de Futsal de la FIFA™ a également offert à l’équipe Analyse des performances et tendances du football une occasion inédite d’utiliser son propre système de collecte de données afin de réaliser une analyse chiffrée du futsal féminin international de haut niveau.

En étroite collaboration avec l’équipe Analyse des performances et tendances du football, l’équipe du Groupe d’étude technique, composée d’entraîneur(e)s de haut niveau et de spécialistes du futsal, a analysé la compétition tenue aux Philippines. Quatre points clés ont été relevés, qui caractérisent le futsal pratiqué lors de la compétition et mettent en lumière des pistes de développement individuel et collectif. Les observations ont trait aux domaines suivants : efficacité offensive, récupération du ballon, power play et périodisation tactique. Cet article constitue la première partie d’une analyse globale de la compétition, qui comprend également un résumé des constatations de l’équipe Analyse des performances et tendances du football et un entretien avec Wilson Sabóia, le sélectionneur de l’équipe championne.

Observation 1 : l’efficacité offensive est un paramètre décisif

Si les quatre demi-finalistes et l’Italie sont allées aussi loin, c’est en bonne partie grâce à la qualité de leur finition. Il s’agit non seulement d’être décisif devant le but – de façon à « rentabiliser » les occasions qui se présentent –, mais aussi de créer des occasions favorables en conservant la possession et en évitant des pertes de balle préjudiciables. Cela demande une certaine habileté technique, mais aussi une bonne lecture du jeu et une capacité à déterminer quand garder le ballon et quand adresser une passe qui peut faire mal. Il y a ici un aspect clé à développer. Une possession perdue bêtement à la suite d’un tir ou d’une passe ratée peut totalement changer la donne.

Observation 2 : quelle que soit la manière, la récupération nécessite un effort collectif intense

Lors de la Coupe du Monde Féminine de Futsal 2025, on sentait clairement chez les équipes du podium une volonté de garder le cuir pour soi et une détermination acharnée à le reconquérir. Une réaction instinctive, comme si ne pas l’avoir était inacceptable.

Cet état d’esprit a rendu des équipes comme le Brésil et l’Espagne redoutables. Le Brésil a exercé un pressing réfléchi qui lui a souvent permis de récupérer le ballon avant même que l’adversaire ne prenne conscience du pressing. Les joueuses de la Seleção n’ont laissé aucune chance aux offensives adverses. Au lieu de monter directement au pressing, elles se sont employées à fermer rapidement les lignes de passes, anticipant les transmissions possibles et poussant l’autre équipe à la faute. L’Espagne a affiché un même appétit pour le ballon, avec néanmoins davantage de voracité. Pareilles à une meute acculant sa proie, les Espagnoles ont exercé un pressing haut et coordonné, obligeant l’adversaire à prendre des décisions précipitées.

Les meilleures équipes n’attendent pas que l’adversaire vienne à elles, elles étouffent son jeu. Quand tout un collectif affiche cette implacabilité, la récupération du ballon est une évidence.

Le Portugal a adopté une approche différente. Sa volonté de récupérer le ballon était palpable, mais les joueuses ont davantage misé sur les tacles. Leurs récupérations étaient de ce fait plus musclées et parfois moins efficaces, l’adversaire ayant eu plus de temps pour s’organiser. Mais on a observé chez elles la même réaction collective immédiate à la perte de balle. On constate ainsi que, sous différentes formes, le contre-pressing est devenu la norme au plus haut niveau.

Le point commun entre ces équipes, c’est leur intensité collective. Chaque perte de balle a déclenché une réaction de tout l’effectif. Les meilleures équipes n’attendent pas que l’adversaire vienne à elles, elles étouffent son jeu. Quand tout un collectif affiche cette implacabilité, la récupération du ballon est une évidence.

Le pressing brésilien, prudent et ciblé, consistait à fermer rapidement les lignes de passe adverses.
L’Espagne a quant à elle adopté un pressing direct, haut et intense poussant l’adversaire à l’erreur.

Observation 3 : le power play est un aspect clé à développer

Les équipes participant à la Coupe du Monde Féminine de Futsal n’ont marqué que six buts en power play, pour en concéder 10, ce qui met en évidence un aspect clé à développer. Cinq de ces six buts et de nombreuses tentatives (65) résultent d’une frappe dans le dernier tiers. Les tirs de loin (plus de 10 m) n'ont pas ou peu fait mouche, les 40 tentatives n’ayant abouti qu’à une seule réalisation.

L’usage du power play s’est limité à des situations où l’équipe était menée au score et où l’adversaire n’avait pas un besoin urgent de récupérer le ballon, ce qui lui permettait de se concentrer sur son premier tiers, d’où des chances de succès offensif moindres. En conséquence, les assauts ont été déjoués et aucune équipe n’est parvenu à renverser le cours d’un match grâce à un power play.

Rapidité ne rime pas toujours avec efficacité. Parfois, il est tout aussi utile (voire davantage) d’attirer l’attention d’une adversaire.

Pour exploiter le power play, il convient d’analyser d’abord la situation (temps restant et score) et d’adapter le comportement tactique en conséquence. En power play, l’équipe doit écarter le jeu dans largeur et la profondeur afin d’étirer le bloc adverse et de créer de l’espace. Pour exploiter les faiblesses de l’adversaire, elle devra créer le surnombre ou exploiter l’espace à son avantage en faisant preuve de précision et de patience. Rapidité ne rime pas toujours avec efficacité. Parfois, il est tout aussi utile (voire davantage) d’attirer l’attention d’une adversaire que de faire circuler rapidement le ballon. Par ailleurs, une équipe en power play devra apporter le surnombre pour créer des lignes de passe et déstabiliser le bloc défensif. Si elle y parvient, le chemin du but est ouvert.

Pour enfin concrétiser, il est essentiel de se ménager la possibilité de frapper à différents endroits en conservant plusieurs lignes de passe pendant chaque offensive. De telles dispositions augmentent les chances de marquer tout en réduisant le risque de subir une perte de balle préjudiciable, puisqu’avec davantage de solutions, le besoin d’effectuer une passe risquée diminue. Si une équipe perd la possession pendant un power play, un bon contre-pressing, voire une faute tactique, peuvent empêcher un tir de loin.

Dans cet exemple, le Japon exploite avec brio le power play par sa circulation du ballon, ses déplacements et sa qualité de finition.

Observation 4 : les protocoles d’échauffement et la périodisation tactique contribuent à définir le style de jeu

Plusieurs équipes, en particulier celles qui sont allées loin dans la compétition, appliquaient des méthodes d’échauffement précises qui reflètent leur philosophie dans chaque compartiment du jeu. Ces protocoles d’échauffement, conçus sur la base d’un cadre de périodisation tactique, sont essentiels à la définition d’un style de jeu clair et cohérent pour toute équipe de futsal de haut niveau. Intégrant des éléments techniques, tactiques, physiques et cognitifs propres au modèle de jeu, les protocoles d’échauffement ne se limitent pas à la préparation physique, mais se posent comme une extension de l’entraînement tactique.

Intégrant des éléments techniques, tactiques, physiques et cognitifs propres au modèle de jeu, les protocoles d’échauffement ne se limitent pas à la préparation physique, mais se posent comme une extension de l’entraînement tactique.

Un échauffement structuré renforce la philosophie de jeu, les principes guidant la prise de décision et la coordination collective. Il contribue ainsi à ancrer le style de jeu souhaité dans l’esprit des joueuses en amont de la compétition. Ainsi, au très haut niveau, la périodisation tactique dans l’échauffement profite à la cohérence tactique, à l’identité de jeu et à la performance. C’est la seule philosophie d’entraînement logique dans le football moderne, dans la mesure où elle intègre simultanément les différentes composantes du jeu plutôt que de les considérer isolément. Ainsi, à l’entraînement comme pendant l’échauffement d’avant-match, la périodisation tactique est de mise.

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