#Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2026

La construction des États-Unis avec un carré au milieu et des un-contre-un sur les ailes

FIFA, 15 sept. 2026

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Une tactique adaptée aux qualités individuelles des joueuses peut grandement favoriser la réussite collective et leur permettre d’exercer une influence maximale sur le jeu.

Lors de la phase de groupes de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Pologne 2026™, le Groupe d’étude technique s’est intéressé aux schémas de construction des États-Unis en 1-3-2-4-1, notamment à leur carré en 2+2 dans l’axe du milieu de terrain et à la capacité des joueuses de couloir à occuper la largeur et à provoquer en un-contre-un pour progresser jusque dans les 30 derniers mètres.

Dans cet article, Anja Mittag, experte du Groupe d’étude technique et ancienne internationale allemande, analyse les principes de cette construction et montre comment cette stratégie a permis de mettre en valeur les qualités individuelles des joueuses.

PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DES ATTAQUES DES ÉTATS-UNIS

  • S’appuyer sur une base de trois défenseures et un carré en 2+2 au milieu afin de créer une supériorité numérique dans l’axe.

  • Les joueuses de couloir assurent la largeur pour contrôler le ballon et provoquer la latérale adverse en un-contre-un dans les 30 derniers mètres.

  • Plusieurs joueuses attaquent la surface sur des lignes différentes pour reprendre les centres à ras de terre.

L’organisation des États-Unis en phase de construction

Comment les joueuses se positionnent-elles dans un 1-3-2-4-1 ?

Dans le dispositif en 1-3-2-4-1 en phase offensive des États-Unis, le positionnement des joueuses définit clairement les rôles sur l’ensemble du terrain :

  • deux joueuses évoluent au milieu défensif, dont l’une peut parfois occuper un rôle de latérale inversée ;

  • deux milieux offensives forment un carré au milieu afin d’occuper les espaces axiaux ;

  • deux joueuses assurent la largeur de chaque côté, comme latérales ou attaquantes excentrées ; et

  • l’avant-centre reste haute et dans l’axe afin de fixer les deux défenseures centrales et d’apporter de la profondeur à l’attaque.

Créer une supériorité numérique au milieu grâce à un carré en 2+2
Avec leur défense à trois, les États-Unis cherchent à attirer la première ligne de pressing adverse avant de trouver l’une de leurs milieux entre les lignes. Le 2+2 axial, avec deux joueuses plus basses en double pivot et deux milieux offensives devant elles, leur permet souvent de créer une supériorité numérique dans l’axe et de rechercher une joueuse démarquée.

Comme l’explique Anja Mittag : « Techniquement, leurs milieux sont de très haut niveau. Leur qualité de contrôle leur permet de donner de la vitesse et du rythme à la circulation du ballon. Elles jouent avant que l’adversaire puisse exercer une pression, ce qui leur permet de trouver la joueuse libre dans l’axe, qui peut ensuite écarter rapidement le jeu. »

Dans la séquence 1 ci-dessous, les États-Unis illustrent parfaitement leur organisation en 1-3-2-4-1 en phase de construction. Les trois défenseures restent sur la même ligne pour attirer la première ligne de pressing adverse, tandis que le carré en 2+2 crée une supériorité numérique au milieu. Une fois cette ligne franchie, le bloc italien se désorganise et les États-Unis peuvent progresser grâce à leurs milieux et à leurs trois défenseures. Le ballon est ensuite transmis à Emeri Adames (n° 11), sur le côté gauche. Elle provoque en un-contre-un avant d’adresser un centre à ras de terre devant le but, que Micayla Johnson (n° 17), venue du côté opposé, reprend au second poteau.

Vidéo 1 : Face à l’Italie, les États-Unis marquent grâce à une construction sur une base de trois défenseures et à un carré en 2+2 qui crée le surnombre au milieu.

Exploiter les un-contre-un pour atteindre les 30 derniers mètres
À l’issue de la phase de groupes de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2026™, les États-Unis occupaient la sixième place au classement des équipes pour le nombre de dribbles débouchant sur un centre, avec 6,2 toutes les 30 minutes de possession. Grâce notamment à sa prestation face à la Nouvelle-Zélande, marquée par de nombreux dédoublements extérieurs et intérieurs, la latérale droite Hope Munson (n° 14) a terminé en tête du classement de la phase de groupes pour les conduites de balle jusque dans la surface de réparation, avec 9,6 toutes les 60 minutes de temps de jeu effectif.

Comme l’explique Anja Mittag : « Les joueuses de couloir américaines allient puissance, qualités athlétiques et vitesse. Une fois lancées dans un un-contre-un, elles sont très difficiles à arrêter. Leur maîtrise du ballon est excellente : leur contrôle de balle leur permet d’attirer l’adversaire, puis de changer de direction de façon explosive, d’un côté comme de l’autre. Elles savent également varier le rythme, accélérer ou ralentir au bon moment, ce qui rend leurs intentions très difficiles à lire et à contrer pour les défenseures. Lors de leurs trois matches, les Américaines ont ainsi souvent mis à profit la vitesse de Hope Munson (n° 14), Micayla Johnson (n° 17) et Emeri Adames (n° 11) sur les ailes pour exploiter les situations de un-contre-un. »

L’un des principaux atouts des États-Unis dans ce schéma de jeu tient au fait que toutes les joueuses, y compris les remplaçantes, le maîtrisent parfaitement. Dans la séquence 2 ci-dessous, deux remplaçantes combinent dans la surface pour conclure une action de but. Dans leur organisation en 1-3-2-4-1, avec un carré en 2+2 au milieu, la milieu offensive gauche des Américaines s’écarte légèrement pour se démarquer et contrôler le ballon avant de lancer l’attaquante excentrée à gauche en un-contre-un. Sealey Strawn (n° 19) repique dans l’axe et pénètre dans la surface, combine en une-deux avec l’avant-centre Nyanya Touray (n° 18), puis marque.

Dans la séquence 3, on retrouve une phase de construction similaire avec la même organisation. Après avoir contrôlé le ballon, Emeri Adames (n° 11), excentrée à gauche, ralentit pour attirer son adversaire avant d’accélérer dans la surface et de frapper au but.

Vidéo 2 : Entrée en jeu, Sealey Strawn (n° 19) entre dans la surface de réparation ballon au pied, combine avec Nyanya Touray (n° 18), puis marque face à la Nouvelle-Zélande.
Vidéo 3 : Face à l’Italie, Emeri Adames (n° 11), excentrée à gauche, ralentit pour attirer la défenseure la plus proche avant de changer de direction, d’accélérer et de se créer une occasion de frappe.

Centres à ras de terre et appels décalés dans la surface
Les États-Unis cherchent régulièrement à atteindre les 30 derniers mètres par les côtés grâce aux un-contre-un de leurs joueuses de couloir. Une fois leur adversaire éliminée, celles-ci adressent souvent des centres à ras de terre dans la surface ou devant le but. À l’issue de la phase de groupes, les Américaines occupaient la première place pour ce type de centres, avec 6,2 toutes les 30 minutes de possession.

Comme le souligne notre experte : « Tout ne se joue pas dans le un-contre-un : le centre à ras de terre et la manière dont les joueuses attaquent la surface sont tout aussi importants. Comme on l’a vu dans les trois séquences précédentes, les joueuses attaquent la surface sur plusieurs lignes : l’avant-centre au premier poteau, l’attaquante excentrée du côté opposé au second, la milieu offensive côté ballon dans la surface et l’autre milieu offensive à l’entrée de celle-ci. »

« En tant qu’ancienne avant-centre, j’ai apprécié l’envie des attaquantes de multiplier les appels vers le but. Les centres rapides à ras de terre sont difficiles à défendre, car les défenseures qui reviennent à pleine vitesse risquent de détourner le ballon dans leur propre but. À l’inverse, ils sont parfaits pour les attaquantes qui arrivent lancées. La vidéo 4 ci-dessous en offre un excellent exemple, avec une avant-centre à la réception d’un centre tendu au sol. »

Vidéo 4 : Sur une touche offensive, les États-Unis s’appuient sur leurs quatre milieux pour créer le surnombre avant de trouver rapidement leur attaquante excentrée à gauche. Lancée en un-contre-un, celle-ci progresse à pleine vitesse et centre à ras de terre pour Alex Buck (n° 9), qui conclut.

Synthèse

Les États-Unis avaient une parfaite maîtrise de leur organisation en phase de construction et des rôles que chaque joueuse pouvait y tenir. Cette compréhension commune permettait à chacune d’assumer ses responsabilités, de remplir différentes fonctions et d’identifier les espaces à exploiter. Le plan de jeu mettait aussi les qualités individuelles au service du collectif, notamment celles des joueuses de couloir, très à l’aise dans les un-contre-un offensifs, tandis que les milieux occupaient efficacement les espaces axiaux depuis la phase de construction jusqu’aux 30 derniers mètres.

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