#Coups de pieds arrêtés

Les penaltys de Messi à la Coupe du Monde de la FIFA 2022™ : les sept marches du paradis

FIFA, 17 mars 2026

FIFA
left
right

Lors de Qatar 2022™, Lionel Messi s’est présenté sept fois face au gardien depuis le point de penalty pour six réussites et un échec. À chaque tentative, une histoire faite de pression, d’adaptation et d’infimes détails qui peuvent tout faire basculer, du triomphe à l’échec.

Les penaltys sont souvent perçus comme des instants suspendus au milieu du chaos, des condensés de psychologie appliquée où les nerfs sont mis à l’épreuve. Au Qatar, Lionel Messi a fait la démonstration de sa maîtrise du moment sous la pression. En sept tentatives, tirs au but inclus, de la phase de groupes à la finale, il n’a cessé d’ajuster son geste et de faire preuve de sang-froid.

Avant même le début de la campagne victorieuse de l’Argentine, le numéro 10 de l’Albiceleste avait déjà tenté plus d’une centaine de penaltys et tirs au but au cours de sa carrière, avec un taux de réussite de près de 80%. Pourtant, son bilan dans l’exercice lors des compétitions internationales oblige à nuancer le propos. Une réussite décisive lors de Brésil 2014, un raté coûteux en finale de la Copa América 2016 et de véritables doutes quant à sa capacité à ne pas trembler dans l’exercice au plus fort de la pression. 

Les deux techniques de Messi sur penalty : plat du pied et cou-de-pied

Au Qatar, Lionel Messi a utilisé deux techniques différentes dans l’exercice du penalty : d’un côté, un plat du pied calculé pour ne donner aucune indication, et de l’autre, une frappe plus en force en utilisant le cou-de-pied. Cinq de ses penaltys ont été marqués du plat du pied et un du cou-de-pied. Nous allons examiner ici les six composantes de ces techniques, en expliquant les ressemblances et les différences entre les deux.

Les sept penaltys de Lionel Messi au Qatar

Au Qatar, l’Argentine s’est vu accorder cinq penaltys, soit le plus grand nombre pour une équipe lors d’une même édition. C’est Lionel Messi qui les a tous tirés, sans oublier sa participation aux deux séances de tirs au but de son équipe. Il a raté la deuxième de ses sept tentatives. Mais cet échec s’est avéré un précieux rappel pour le capitaine argentin : dans cet exercice si particulier, il est toujours bon de savoir masquer ses intentions et trouver le bon rythme.

Nous racontons ci-dessous les sept penaltys tentés par Messi en analysant la focalisation de son regard, ses courses d’élan, sa posture et son travail d’influence sur le gardien.

Penalty n°1 face à l’Arabie saoudite

Minute : 10e | Résultat : but
Exécution : 
en bas à gauche

Après un bon début de l’Argentine, Messi se montre à la hauteur face à Mohammed Al-Owais (pris à contrepied après avoir anticipé de l’autre côté). Il frappe calmement sur la gauche, à ras de terre. L’Argentine prend l’avantage, et Messi inscrit son premier but dans la compétition. 

Un geste simple, maîtrisé, sans risque, pour se donner confiance.
Penalty n°2 face à la Pologne

Minute : 38e | Résultat :  échec (arrêt)
Exécution : puissant à mi-hauteur à droite, arrêté par Szczęsny

Un penalty accordé par l'assistance vidéo à l'arbitrage vient ajouter de la tension à une rencontre déjà très disputée. Comme en 2017 sous les couleurs de la Juventus face au Barça, Wojciech Szczęsny anticipe et signe un arrêt remarquable en lisant parfaitement la course d’élan de Messi.

Cet échec marque un tournant dans la technique de Messi sur cet exercice. À partir de là, il opte à nouveau pour la subtilité plutôt que la puissance dans ces moments de haute pression.

Messi frappe le ballon du cou-de-pied, un tir puissant à mi-hauteur sur la droite.
Penalty n°3 face aux Pays-Bas

Minute : 73e | Résultat : but
Exécution : ras du poteau à mi-hauteur sur la droite

Alors que l’Argentine mène déjà 1-0 dans le jeu, Messi se montre à la hauteur de l’occasion. Face à Andries Noppert, un gardien de 2,03 m qui débute en sélection, il place sa frappe sur le côté droit après avoir remarqué que les pieds du gardien indiquent qu’il va plonger de l’autre côté.

Ce penalty réussi marque un retour à une course d’élan qui lui permet d’analyser l’attitude du gardien, en conservant lui-même une posture ouverte pour frapper le ballon.

Après son raté face à la Pologne, Messi opte pour un plat du pied face à Noppert, en observant brièvement le gardien juste avant de tirer.
Penalty n°4 face aux Pays-Bas (séance de tirs au but)

Premier tir au but | Résultat : but
Exécution : ballon glissé lentement à ras de terre, Noppert pris à contre-pied

Au terme d’un match riche en émotion, où les Néerlandais sont parvenus à égaliser au bout du bout des arrêts de jeu, Messi prend ses responsabilités en se chargeant du premier tir au but de la séance. Sa course d’élan est lente et sa frappe encore plus douce que lors du penalty marqué en cours de match.

Là encore, son sang-froid est frappant. Plus qu’un simple point marqué lors d’une séance de tirs au but, c’est un message envoyé à ses coéquipiers. Il faut rester calme et ne pas céder à l’émotion du moment.

Messi ralentit sa course puis prend le gardien à contrepied d’un ballon glissé à ras de terre, non loin de l’axe du but. C’est une frappe en douceur, encore plus que lors du penalty marqué en cours de match.
Penalty n°5 face à la Croatie

Minute : 34e | Résultat : but
Exécution : lucarne

Face au gardien croate Dominik Livaković, qui vient de s’illustrer lors de deux séances de tirs au but aux deux tours précédents, Messi change à nouveau de technique et opte pour une frappe en puissance vers le haut du but. Son tir trouve la lucarne.

Cette fois-ci, pas de piège, pas d’hésitation : de la pure conviction dans la frappe. Et ça marche.

Pour son cinquième penalty au Qatar, Messi associe rythme et hauteur dans la frappe de balle pour aller chercher la lucarne du but croate.
Penalty n°6 face à la France

Minute : 23e | Résultat : but
Exécution : lent, à ras de terre, Lloris pris à contrepied

Il n’existe pas de contexte où la pression est plus forte qu’en finale de Coupe du Monde. Face à Hugo Lloris, expérimenté dans l’exercice des penaltys, Messi revient à l’option du duel mental face au gardien.

Il revient à l’essence même du contrôle, quand la technique requiert le sang-froid le plus absolu.

Messi trompe Lloris en le prenant à contrepied d’une frappe peu puissante à ras de terre dans le petit filet.
Penalty n°7 face à la France (séance de tirs au but)

Premier tir au but | Résultat :  but
Exécution : fausse hésitation, ballon glissé sur le côté

Après le spectaculaire retour au score de l’équipe de France, la fatidique séance de tirs au but commence. Messi coupe presque sa petite course d’élan, puis glisse doucement le ballon sur le côté du but. Lloris ne peut que s’incliner face à une telle simplicité dans le geste.

C’est là le dernier avatar de l’évolution technique de Messi au Qatar dans l’exercice du penalty : de la sécurité à la précision, de la puissance à la maîtrise absolue. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2022, plus le moment était tendu, plus l’artiste argentin a semblé dans son élément, affichant un sang-froid à toute épreuve.

En guise de course d’élan, Messi trottine à peine, puis envoie le ballon sur la gauche. Lloris plonge dans la bonne direction après avoir d’abord sautillé de l’autre côté, ce qui laisse le temps à Messi de glisser le ballon hors de sa portée.

Héritage

Lors de Qatar 2022, Lionel Messi a transformé la répétition d’un geste en un véritable rituel. Après un raté sur sa deuxième tentative dans l’exercice, il a converti les cinq autres en faisant varier sa technique, dans des moments de pression croissante. Le doute a cédé la place à la volonté, grâce à une maîtrise acquise avec l’expérience et peaufinée sous la pression.

Cette Coupe du Monde n’est pas seulement le triomphe de Messi, c’est aussi l’aboutissement d’une idée : la grandeur naît de la compréhension, pas de la domination. Son sang-froid au point de penalty est à l’image de la philosophie qui caractérise l’ensemble de sa carrière.

« J’ai toujours cherché à tirer en premier lors des séances de tirs au but, pour assumer pleinement mes responsabilités… Face à Lloris, il ne s’agissait pas de choisir un côté, mais d’attendre le dernier instant. J’ai attendu qu’il bouge, et je suis resté parfaitement calme. »  

Lionel Messi, après la finale remportée au Qatar

Notez votre expérience

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

The site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.